Une leçon de Management par Richard Branson

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Richard Branspn

Nous ne présentons plus Richard Branson. C’est un entrepreneur britannique, connu grâce aux nombreux succès qu’il a rencontrés avec sa marque Virgin, laquelle regroupe de nombreuses activités comme des compagnies aériennes ou des chaînes de distribution.

Voici une leçon de management que l’on peut lire dans son livre L’autobiographie. Il s’agit de la préface écrite par Patrick Zelnik.

Bonne lecture.

Voici l’histoire

Richard Branson – ou plutôt devrais-je dire Richard, comme tout le monde l’appelle chez Virgin – est un grand rêveur.

Un rêveur qui annonce l’impossible. Et le rend possible. Un rêveur qui n’est pas un mythomane, puisqu’il réalise tous ses rêves. Un rêveur réaliste, espèce unique du genre humain que ne connaissent pas les naturalistes. Un rêveur qui paradoxalement est aussi un homme d’affaires redoutable. Un rêveur qui transforme la réalité, un rêveur fou, unique, fabuleux, et, surtout, un rêveur blagueur.

Un rêveur blagueur, donc, qui même dans l’œil du cyclone, quand ses affaires semblent au bord du précipice, qu’il a misé des millions sur le tapis, ne jette jamais l’éponge et continue à soutenir ses collaborateurs, sans jamais perdre ce qui le caractérise parmi tous : l’humour. Britannique. Évidemment.

Je me souviens en particulier de la difficile bataille pour l’ouverture des Mégastores le dimanche que nous avons menée ensemble. Pendant plus de quatre ans nous avons taché de convaincre les autorités françaises, le public, les médias français, les syndicats – et les politiques – qu’à travers ce combat nous ne cherchions pas à nous faire de la publicité mais à avancer dans le sens de l’Histoire.

Pendant ces quatre longues années de lutte pour faire changer les textes de la loi française, jamais les employées de Virgin France n’ont défailli, se battant sans relâche à nos côtés pour pouvoir continuer à travailler ce fameux dimanche que partout l’on appelle encore le Jour du Seigneur.

Ces quatre années furent passionnantes. Elles furent aussi épuisantes. Et parfois, même, terrifiantes.

Un matin, Richard, qui était en vacances dans le Sud de la France, m’appela pour me dire qu’il venait de découvrir dans les journaux français la dernière campagne de publicité que je venais de décider sans l’avoir consulté. Alors que la justice française venait de nous condamner à une amende de 3 millions de francs par jour d’ouverture le dimanche, avec Richard nous avions décidé de ne pas céder et, au contraire, d’ouvrir également dans la nuit du samedi au dimanche. C’étai un choix périlleux et qui, d’avance, s’annonçait très coûteux. Mais Richard était décidé. Dans la soirée, j’avais fait acheter des doubles pages dans tous les quotidiens français. Dans l’urgence, je n’avais pas eu le temps de prévenir Richard.

Le lendemain, les Français découvriraient nos deux derniers slogans : « On veut nous la fermer. On va l’ouvrir toute la nuit », et « On ira jusqu’au bout. »

Le lendemain matin, la pression était extrême. Les Syndicats estimaient que les acquis sociaux des salariés français étaient en péril. Dans leur grande majorité, les médias français allaient interpréter cette annonce comme étant une provocation, un coup de publicité. Notre point de vue était mal compris.

Je reçus un appel de Richard. Épuisé et nerveux, j’espérais un peu de réconfort de sa part. Sa voix sombre me terrifia. Contredisant tous les messages de soutien qu’il m’avait jusque-là, il m’annonça solennellement qu’il pensait que j’étais allé trop loin, que l’on ne pouvait pas jouer impunément avec le mot « Ira », présent dans le slogan « on ira jusqu’au bout. » Comme je ne comprenais pas le sens de sa phrase, il se fit plus inquiétant encore, ajoutant que je venais de mettre ma vie en péril. Il me dit avoir reçu, de source sure, une information très préoccupante : un militant de l’Ira, l’organisation terroriste catholique militant pour l’indépendance de l’Irlande du Nord aurait eu connaissance de notre slogan et aurait cru que le verbe « ira », présent dans le slogan, était une référence directe à leur mouvement. Très en colère, prenant mal la mention de leur nom dans une opération commerciale, l’Ira aurait mis un contrat sur ma tête. Il raccrocha.

Le reste de ma journée fut l’une des pires de ma vie. J’oubliais soudain les appels informels du gouvernement Français, les pressions des syndicats, les articles de presse, et l’inquiétude de nos banquiers affolés par les amendes de 3 millions par jour que nous allions devoir bientôt régler pour ce combat qui me semblait alors de plus en plus hasardeux.

Le monde pouvait s’écrouler. Une seule chose m’obsédait : la prophétie de Richard. J’imaginais déjà un tueur irlandais m’attendant quelque part pour m’abattre.

À la fin de la journée, n’y tenant plus, j’appelai Richard pour lui faire part de mon désarroi. J’étais au bout du rouleau. L’éclat de rire qui m’accueillit me rappela soudain qui était avant tout Richard Branson. Un rêveur blagueur, Évidemment.
Comment trouve-t-il le sang froid pour continuer à plaisanter dans les moments les plus désespérés ? C’est le plus grand mystère de cet homme qui sans cesse se lance dans de nouvelles aventures auxquelles personne ne croit. Et qui les réalise.

Le simple fait de savoir que je ne serai pas assassiné par un tueur à gage employé par l’Ira participa peut-être à cette extraordinaire énergie que je retrouvai soudain et qui allait nous permettre de mener le combat jusqu’au bout.

Après quatre ans de lutte acharnée, nous eûmes finalement gain de cause. Nous avions réussi à changer la loi française qui autorise désormais les magasins à ouvrir le dimanche dans le domaine des biens culturels et dans les zones touristiques. Grâce au soutien de Richard – et à ses plaisanteries.

Patrick Zelnik
Fondateur et ancien Président de Virgin France,
Fondateur et Président directeur général de Naïve.

 

La Morale de cette histoire

Cela pourrait être : Travail sérieux, sans se prendre trop au sérieux.

 

Pour aller plus loin :

Je vous invite à lire son livre L’autobiographie.

Sir Richard Branson : L'autobiographie

 

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Auteur de l’article : Steeven Cadel

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