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Les Idées Neuves

Freedom

Dans son livre, Ma vie et Mon Œuvre de 1926, Henry Ford nous livre sa vision sur les idées. Je vous laisse découvrir ce texte.

« Je ne proteste pas contre l’attitude railleuse de la majorité à l’égard des idées nouvelles. Il vaut mieux être sceptique devant les nouveautés, exiger qu’elles fassent leurs preuves, que de se précipiter, dans une perpétuelle exaltation, à la suite de toute idée nouvelle qui passe. Le scepticisme, si par là on entend la prudence, sert de volant à la civilisation. La plupart des troubles aigus qui agitent notre époque viennent de ce que l’on a adopté des idées neuves sans s’être bien assuré, d’abord, si elles étaient bonnes. Une idée n’est pas nécessairement bonne parce qu’elle est vieille, ni nécessairement mauvaise parce qu’elle est nouvelle, mais lorsqu’une vieille idée donne des résultats, elle a pour elle le poids de l’expérience. Les idées sont, par elles-mêmes, quelque chose de fort précieux, mais ce ne sont jamais que des idées. Il est à la portée de tout le monde d’en concevoir, mais ce qui importe c’est d’en tirer une application positive.

Ce que j’ai à cœur aujourd’hui, c’est de démontrer pleinement que les idées mises en pratique chez nous sont susceptibles des applications les plus étendues, qu’elles ne concernent pas particulièrement les automobiles et les tracteurs, mais composent, en quelque manière, un code universel, que je tiens, avec conviction, non pour une innovation utopique, mais pour le code conforme à la nature.

Je ne suis pas un innovateur. Je ne suis d’avis que l’on tente beaucoup trop de réformes dans le monde, et que l’on s’occupe beaucoup trop des innovateurs. De ceux-ci, il existe deux espèces, toutes les deux sont malfaisantes.

L’homme qui se donne le nom d’innovateur veut détruire ce qui existe. Il mettra en pièces une chemise, parce que le bouton du col n’entre pas dans la boutonnière. Mais il ne pensera pas à élargir la boutonnière. Les innovateurs de cette espèce ne savent jamais ce qu’ils font. L’expérience et les innovations ne vont pas ensemble. Il arrive qu’en présence des faits l’innovateur ne peut conserver toute son ardeur. Il faut donc qu’il fasse abstraction de la réalité.

D’autre part, nous possédons des réformateurs d’un autre genre, qui ne se donnent pas ce nom. Les réactionnaires veulent revenir à un état de choses antérieur, non pas comme au meilleur possible, mais parce qu’ils s’imaginent connaître cet état de choses.

L’une de ces équipes veut donc démolir la société pour en instituer une meilleure. L’autre tient la société pour tellement bonne qu’on pourrait bien la laisser continuer telle quelle… et se décomposer. La seconde conception provient, comme la première, de ce que l’on ne sait pas se servir de ses yeux pour voir. Il est tout à fait possible de détruire la société, mais il n’est pas possible d’en construire une nouvelle. On peut empêcher la société d’aller de l’avant, mais on ne peut l’empêcher de rétrograder, de se décomposer. Il y a sottise à espérer, si tout est jeté à terre, que cela donnera à chacun ses trois repas chaque jour ; ou à croire que si tout était pétrifié il en résulterait une distribution de dividendes. Le malheur commun des innovateurs et des réactionnaires, c’est de perdre de vue les réalités, les fonctions primordiales de la vie. »

 

Ingénieurcadre.com




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Henry Ford a toujours des choses à nous apprendre. Il pourrait toujours être coach de nos jours !

Freedom

Vous avez dit « Impossible ? ». Henry Ford nous raconte cette histoire qui a été publiée dans son livre autobiographique, Ma vie et mon Œuvre, en 1921.

Voici ce qu’il écrit.

Je me rappelle une conférence qui eut lieu un jour chez nous avec un fabricant de machines, au sujet de la construction d’une machine spéciale, dont le projet spécifiait une production de deux cents pièces à l’heure.

– « Il y a là une erreur, dit le fabricant. Il doit s’agir de deux cents pièces par jour. Aucune machine ne pourrait aller jusqu’à deux cents pièces par heure. »

Notre représentant envoya chercher l’ingénieur qui avait établi le projet et appela son attention sur cette remarque.

– « Eh bien, fit celui-ci, qu’est-ce qui vous surprend ? »

– « Cela n’est pas possible, déclara nettement le fabricant, aucune machine ne peut faire cela. Il n’y faut pas « songer ! »

– « Il n’y faut pas songer ! s’écria notre ingénieur. Si vous voulez descendre avec moi au rez-de-chaussée vous en verrez une en train de le faire. Nous l’avons construite pour essayer et maintenant il nous en faut d’autres. »

 

Henry Ford prolonge cette histoire sur la notion d’experts.

« Il n’y a pas chez nous d’experts. Nous avons malheureusement été obligés de nous débarrasser de tout homme qui commençait à se prendre pour un expert : car c’est une prétention que l’on n’a jamais quand on connaît son affaire. Un homme qui connaît son métier voit devant lui tellement plus de choses à apprendre qu’il n’en sait faire qu’il va toujours de l’avant avec ardeur et ne donne jamais une pensée à sa capacité ni aux services qu’il rend. Regarder toujours devant soi, penser sans cesse à de nouvelles tentatives, cela crée un état d’esprit qui rend toute chose possible. Mais dès que l’on adopte l’attitude mentale d’un expert, on se trouve aussitôt en en présence de nombreuses impossibilités.

Je refuse, moi, de reconnaître l’existence des impossibilités. Je ne vois personne qui en sache assez long sur aucun sujet pour pouvoir dire ce qui est ou ce qui n’est pas possible. Une bonne méthode expérimentale, une bonne éducation technique doivent élargir l’intelligence et réduire le nombre des impossibilités. Malheureusement, ce n’est pas ce qui arrive. La plupart du temps, l’instruction et ce que l’on appelle l’expérience ne font que fournir un état des échecs précédents, et ces échecs, au lieu d’être pris pour ce qu’ils valent, sont tenus pour l’attestation de certaines impossibilités absolues de perfectionnement. Si un homme, se donnant pour une autorité, déclare que telle ou telle chose est impossible, voilà une horde de suivants irréfléchis qui répète en chœur : « c’est impossible ! »

 

Je trouve que les propos d’Henry Ford sont toujours d’actualité. Nous sommes conditionnées par nous-mêmes, et l’un des principaux freins réside dans notre autocensure. Le plus dur est de connaître nos propres idées fixes, nos préjugés. Un indice pour les trouver : « Ces idées viennent très rapidement, voire de manière spontanément, sans analyse approfondie, d’un problème/d’une situation. »

 

 « Mais quelques-unes de nos meilleures réussites sont dues à ce que nous avons laissé les fous se risquer là où les sages n’auraient pas mis les pieds. »

Henry Ford

 

Envie d’en savoir plus ? Découvrez l’intégralité de son autobiographie ici.

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